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Répartir les tâches quand on devient parents

  • Photo du rédacteur: Coline D'Inca
    Coline D'Inca
  • 22 janv.
  • 5 min de lecture

Quand un bébé arrive, beaucoup de couples se promettent sincèrement de faire “au mieux”, de rester solidaires et de partager les tâches ménagères équitablement.


Pourtant quelques mois plus tard, la même question revient, souvent chargée d’émotions conflictuelles : « Pourquoi ai-je l’impression de porter plus que l’autre ? »


Si cette question apparaît, ce n’est pas que le couple fonctionne mal. C’est que le quotidien a changé… plus vite que l’organisation.


Maison très lumineuse représentant le changement et la transformation personnelle à travers l’habitat

Pourquoi la répartition devient si compliquée après une naissance


Avant l’arrivée d’un enfant, la plupart des foyers fonctionnent de manière assez souple. Les tâches ménagères s’ajustent, se rattrapent, se négocient plus ou moins spontanément. 


Exemple : « Cette semaine j’ai des réunions importantes, tu veux bien faire les courses ? Et je m’occupe des repas la semaine suivante ».

C’est assez naturel, et anticiper comme faire vient au fur et à mesure, les routines sont flexibles. Avec un bébé en revanche, tout se densifie. Il y a non seulement plus de tâches domestiques à accomplir, mais aussi moins de temps, parfois beaucoup moins d’énergie et… nettement plus d’imprévus ! Il faut s’ajuster à de nouvelles contraintes qui ne dépendent plus de vous seul.e.


Et quand rien n’est clairement posé en amont (mais comment le prévoir ?), ce sont souvent les automatismes qui prennent le relais.  L’un des partenaires se met à anticiper, l’autre répond au jour le jour, sans que cela ait été réellement discuté. Ou l’un porte la charge mentale et l’autre « aide » quand il y pense. Ce n’est pas un choix conscient. C’est une adaptation, souvent influencée par notre éducation et nos modèles familiaux, qui finit par créer un déséquilibre au sein du foyer.


Et soyons clairs, qui anticipe, qui agit et porte la charge des tâches domestiques ? C’est la personne qui reste le plus souvent à la maison, dans l’immense majorité, la maman qui était en "congé maternité" dans les premiers mois autour de l’arrivée du bébé. Et cela crée un précédent, une sorte d’habitude tacite, qui peut à nouveau enfermer le fonctionnement familial dans un schéma qui n’a pas été choisi.


Commencer par regarder la réalité, pas l’idéal


La première erreur consiste souvent à vouloir être “juste” ou “égalitaire” sur le papier. Que ce soit avant l’arrivée de bébé, ou une fois qu’il a rejoint la famille, de chercher à répartir de manière égale tout ce qui a trait au domestique. Or, la question de départ n’est pas « Qui fait autant que l’autre ? » car il y a fort à parier que ce n’est pas le cas. Il faut plutôt partir de « Comment notre maison fonctionne réellement aujourd’hui ? »


  • Qui pense aux repas ?

  • Qui gère le linge du début à la fin ?

  • Qui anticipe les rendez-vous médicaux ?

  • Qui ajuste quand quelque chose déraille ?


Tant que cette réalité n’est pas nommée, toute tentative de répartition reste floue et donc source de frustration.


Par où commencer, concrètement ?


Il n’est pas nécessaire de revoir toute l’organisation d’un coup. Un bon point de départ consiste à choisir une seule zone ou une seule routine :


• le linge

• les repas

• les sorties avec le bébé

• la chambre parentale...


Et à se poser une question simple : Qui en est responsable de A à Z ? C’est-à-dire, qui gère cette tâche, sans avoir à superviser l’autre. C’est souvent ce changement-là, plus que le partage des gestes, qui allège réellement la charge mentale.


Sachant que la responsabilité n’est pas forcément une contrainte, ni gravée dans le marbre, la routine est choisie en fonction de nos compétences, nos appétences et nos disponibilités. 


Clarifier ne veut pas dire figer


Beaucoup de parents hésitent à “poser les choses à plat” par peur de rigidifier le quotidien. Mais au fond, ce qui est prévisible est sécurisant pour la majorité d’entre nous. Et bien sûr, la spontanéité et la surprise restent possibles, il y a toujours une marge de manœuvre pour l’improvisation. Néanmoins cette liberté repose sur un cadre qui lui permet de s’exprimer, pour que le quotidien soit rythmé de manière efficace et agréable pour tout le monde. 


Une organisation claire permet de savoir qui fait quoi, de se relayer plus facilement et de s’adapter quand l’un est fatigué, absent ou moins disponible. Et surtout, elle évite que tout repose sur la mémoire et l’anticipation d’une seule personne. (Oui, on pense à vous mesdames). 


Nous sommes bien d’accord, la répartition des tâches ne doit pas être vécue comme un contrat définitif. Elle évolue selon les périodes, la fatigue, la santé, le travail. Il est normal, et bienvenu, que l’équilibre bouge au fil des mois et des années.

Ce qui compte, ce n’est pas l’égalité parfaite, mais la possibilité d’en parler et de réajuster (sans conflit ou guerre de territoire). Dire : « Là, c’est trop pour moi » ne devrait pas être perçu comme un reproche, mais comme une information factuelle, un signal qu’il faut se réorganiser au sein du foyer. Cela signifie qu’une solution est nécessaire et pas forcément que l’autre partenaire doit simplement « en faire plus ».


Quand la discussion devient difficile


Parfois, malgré la bonne volonté, la discussion tourne en rond, les mêmes phrases reviennent, les mêmes incompréhensions aussi. Dans ces cas-là, le problème n’est souvent pas la motivation, mais le manque de cadre pour penser l’organisation ensemble.


L’un de nos conseils est souvent de commencer par l’allègement matériel : désencombrer les espaces, faire de la place, prendre des décisions sur ce qu’il convient de laisser partir, et se rapprocher de ce qui correspond vraiment à la famille aujourd’hui. Les vrais besoins, les usages domestiques, et les valeurs fondamentales que vous souhaitez mettre en avant. 


La maison devient alors un support de dialogue. Et non plus le symbole de la discorde.


Répartir les tâches, ce n’est pas seulement “faire”


Répartir les tâches quand on devient parents, ce n’est pas seulement décider qui passe l’aspirateur ou qui fait les courses. C’est accepter que  le quotidien a changé, que l’organisation d’avant ne suffit plus et que la maison a besoin d’évoluer avec la famille. C’est un ajustement progressif, mais nécessaire. Après tout, le mouvement de la vie va toujours vers l’avant.


Il est parfois plus simple de réfléchir à tout cela avec un regard extérieur. Chez Beaux Jours Maison, nous accompagnons les jeunes parents pour poser ces bases en douceur, à partir de leur maison réelle, de leurs contraintes et de leur rythme.


Le bilan d’accompagnement  permet souvent de faire ce premier pas : observer le fonctionnement du foyer, clarifier les rôles, et retrouver un quotidien plus soutenant.


Puis l'aide au rangement à domicile, pensée pour la vie de famille, permet souvent de créer ces conditions concrètes : alléger les espaces, rendre l’organisation accessible à tous et transmettre autrement que par la contrainte.

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