Post-partum : la maison un sujet sensible
- Coline D'Inca

- 22 janv.
- 3 min de lecture
Je me souviens, après la naissance de mon deuxième enfant, de ce moment précis où la maison a commencé à me peser. Pas forcément de façon spectaculaire. Plutôt comme un fond constant de fatigue, d’agacement, et parfois de découragement. Rien de “grave” en apparence. Et pourtant : la maison débordait, les piles de linge s’entassaient, mon aîné faisait sa rentrée en maternelle et avait besoin de repères… et moi, j’avais juste l’impression de ne plus réussir à tenir l’ensemble.
La phrase qui m’a beaucoup hantée, souvent en silence, c’était celle-ci : « Pourquoi est-ce si difficile, alors que la naissance d’un enfant est censée être un moment heureux ? » Avec le recul, je sais aujourd’hui que je n’avais rien “raté”. Mais sur le moment, c’est exactement ce que je ressentais.

Quand la maison reflète l’état intérieur
Tous les professionnels de la petite enfance vous le diront : le post-partum est une période de bouleversements profonds. Physiques, émotionnels, relationnels… et logistiques.
Selon la DREES, près d’une mère sur deux décrit une fatigue intense dans les semaines qui suivent une naissance. Et cette fatigue ne vient pas uniquement du manque de sommeil.
Un bébé, ce n’est pas seulement un petit être à aimer et à protéger.
C’est aussi une multitude de micro-tâches : prévoir, anticiper, ajuster, recommencer… jour après jour. La maison, elle, ne change pas spontanément de fonctionnement. Les espaces sont les mêmes, les placards aussi, les routines héritées du temps “avant” bébé continuent d’exister.
"Mais la réalité quotidienne, elle, avait basculé avec l’arrivée de ce deuxième enfant. Le système de la maison n’était tout simplement plus adapté à la vie qui s’y déroulait. Et même si j’en avais conscience, avec la fatigue, l’idée même de devoir “changer quelque chose” me semblait insurmontable."
Une fatigue qui ne dit pas son nom
Beaucoup de jeunes parents parlent d’épuisement. Et ils ont raison, arrêtons d’ailleurs de parler de “congé” maternité, c'est vexant ! Mais cet épuisement n’est pas seulement lié aux nuits hachées.
Il y a aussi cette charge invisible et constante :
penser aux repas pendant que le bébé dort enfin,
anticiper les courses, les lessives, les rendez-vous médicaux,
gérer les affaires trop petites, celles à laver, celles à ranger,
ranger la maison pour que “ça tienne” le temps d’une visite.
Ce travail-là ne se voit presque jamais. Il se fait en arrière-plan, souvent porté par une seule personne. Selon l’INSEE, après une naissance, les femmes assument en moyenne 70 % des tâches domestiques et parentales, même lorsque le couple se pense égalitaire.
Et plus il y a d’enfants, plus cet écart se creuse.
"Petit à petit, un sentiment s’était installé : celui de donner énormément… sans que cela ne se voie vraiment. Car il suffisait d’une seule journée plus éprouvante que les autres pour que la maison redevienne un champ de bataille."
Pourquoi les tensions apparaissent dans le couple
Dans beaucoup de foyers, les désaccords ne portent pas directement sur les tâches elles-mêmes. Ils portent sur le déséquilibre ressenti.
L’un fait, l’autre ne voit pas toujours.
L’un anticipe, l’autre intervient quand on lui demande.
Et chacun peut sincèrement avoir l’impression de faire “de son mieux”.
Ce n’est généralement ni un manque d’amour, ni un manque de bonne volonté.
Bien plus souvent, l’absence d’un cadre domestique commun pour accueillir cette nouvelle vie. À deux, ça va… à trois, bonjour les dégâts ! Le post-partum agit alors comme un révélateur : ce qui fonctionnait avant… ne fonctionne plus.
Rendre visible pour mieux partager
Dans notre accompagnement, la première étape n’est jamais de “faire plus de la même chose”. C’est de rendre visible ce qui se fait déjà.
Mettre des mots sur :
ce qui est anticipé et agi,
ce qui est porté mentalement,
ce qui se répète jour après jour.
Non pas pour désigner un responsable, mais pour comprendre le fonctionnement réel du foyer. Quand ce qui est invisible devient visible, la discussion quitte le terrain du reproche pour aller vers celui des solutions. On peut alors imaginer d’autres manières de se répartir les tâches ménagères. Et très souvent, des ajustements concrets sont nécessaires :
repenser les zones les plus sollicitées,
simplifier certaines routines chronophages (lessive, repas, vaisselle, etc.)
rendre l’organisation compréhensible pour les deux parents
Ce sont ces micro-changements qui apaisent durablement le quotidien.
Et si la maison redevenait un appui ?
Chez Beaux Jours Maison, nous aidons les jeunes parents à accueillir leur bébé en douceur, sans jugement, et toujours à partir de leur réalité vécue.
Le bilan d’accompagnement permet souvent de faire ce premier pas :
observer, comprendre, et ajuster la maison à cette nouvelle étape de vie.
Puis l'aide au rangement à domicile, pensée pour la vie de famille, permet souvent de créer ces conditions concrètes : alléger les espaces, rendre l’organisation accessible à tous et transmettre autrement que par la contrainte.


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