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La charge mentale chez les familles

  • Photo du rédacteur: Coline D'Inca
    Coline D'Inca
  • 22 janv.
  • 4 min de lecture

Quand les enfants grandissent, beaucoup de parents se disent que le plus dur est passé. Les nuits sont plus calmes, les routines mieux installées, les enfants gagnent en autonomie. En théorie, le quotidien devrait s’alléger !


Et pourtant, dans de nombreuses familles, une autre fatigue s’installe. Moins spectaculaire que celle des débuts, mais plus diffuse, plus constante. La charge mentale n’a pas disparu. Elle a simplement changé d’apparence.


Maison très lumineuse représentant le changement et la transformation personnelle à travers l’habitat

Quand le quotidien devient un ajustement permanent


Avec des enfants d’âge scolaire, la vie familiale prend une nouvelle densité. Les journées se remplissent de mille choses à penser, souvent en arrière-plan, comme une double, voire une triple journée.


Il faut jongler avec les horaires, les obligations scolaires, les activités de loisir, les rendez-vous médicaux… Anticiper ce qui manque comme fournitures, ce qui approche comme fêtes d’anniversaires chez les copains, les évènements au foot ou à la danse, les prochaines vacances à préparer à l’avance… Ajuster sans cesse en fonction des imprévus, des coups de fatigue ou des maladies, des changements de saison qui réorganisent toute la penderie des grands et des petits… 


Pris séparément, chaque élément semble banal. Mais ensemble, ils forment un système complexe, exigeant, rarement partagé de façon équitable.


Ce n’est pas tant la quantité de tâches qui épuise, que le fait de devoir tout tenir ensemble mentalement. Quand bien même nous sommes occupé.e.s professionnellement ailleurs.


« On s’organise »… mais qui porte l’organisation ?


On dit souvent : « On s’organise. ». Mais derrière cette phrase apparemment neutre, une réalité se dessine. Il y a souvent une personne qui pense l’organisation, qui sait ce qu’il faut prévoir, ajuster, modifier. Et une autre qui agit à partir de ce cadre déjà posé, qui suit le mouvement.


Les deux peuvent être impliquées, de bonne volonté et actifs au quotidien. Mais la charge mentale n’est pas la même si les décisions ne sont pas partagées. Penser pour le système familial, ce n’est pas simplement faire. C’est garder en tête ce qui doit fonctionner, aujourd’hui et demain, c’est avoir conscience. Et cette responsabilité-là, quand elle repose toujours sur les mêmes épaules, finit par peser lourd.


Quand la maison complique ce qui pourrait être simple


Avec les enfants, vous avez remarqué que la maison se remplit vite. Très vite. Trop vite !

Objets du quotidien, vêtements, affaires d’école, jouets, dessins, petits trésors ramenés d’une balade en forêt… Tout s’accumule, souvent sans que l’organisation suive le même rythme, les choses débordent et ne trouvent plus leur place.


Dans ces conditions, la maison peut devenir un facteur aggravant : on cherche, on déplace, on range provisoirement et puis on recommence. Et bien souvent, une seule personne sait vraiment où sont les choses. 


« Maman, je n’ai plus de chaussettes dans mon tiroir ? » 

La maison fonctionne alors sur la mémoire d’un seul adulte. Et cette dépendance invisible est épuisante, autant pour celui qui porte que pour ceux qui dépendent de cette organisation implicite.


« Chérie, où sont rangés mes cravates ? »

Eh oui, c’est souvent madame qui s’occupe de toute la maisonnée, par la force des choses, plaçant ainsi son conjoint dans une forme de dépendance. Ce qui le déresponsabilise et l’infantilise tout à la fois, car personne n’est gagnant dans cette situation relationnelle… Terreau peu favorable à l’entente égalitaire du couple, qui devient peu à peu noyé sous les routines et les (pas si bonnes) habitudes du quotidien. 


Les tensions ne parlent pas du désordre, mais de ce qu’il représente


Après les questions d’argent dans le couple, la 2e cause nationale de disputes tourne autour du partage des tâches ménagères. Dans les familles, ces tensions autour de la maison sont rarement de simples disputes de rangement. 


Elles parlent de fatigue accumulée. De sentiment d’injustice. De l’impression de porter seule le bon fonctionnement du foyer et finalement d’être la seule personne véritablement investie dans un bien-être pourtant collectif.


Dire « je n’en peux plus de ce bazar », c’est souvent dire « je n’en peux plus de devoir penser à tout, j’ai l’impression que tu t’impliques moins que moi dans notre relation et notre vie de famille ».

Tant que ce message reste implicite, les mêmes tensions reviennent, encore et encore.


Faire évoluer l’organisation avec l’âge des enfants


Une organisation qui fonctionnait quand les enfants étaient petits ne fonctionne pas forcément quand ils grandissent. Les besoins changent, les rythmes aussi, et les responsabilités peuvent évoluer. Faire participer les enfants à la vie de la maison n’est pas une question « d’aide ». C’est une manière de leur transmettre le fonctionnement du collectif, de leur donner des repères, de les rendre progressivement autonomes.


C’est aussi une façon de sortir du schéma où un seul adulte porte l’ensemble du système. Mais pour cela, encore faut-il que l’organisation soit accessible à tous.


Repenser la maison comme un système familial vivant


Dans les familles que nous accompagnons, un changement important s’opère lorsque l’on cesse de voir la maison comme une somme de tâches à accomplir.


La maison devient alors un système vivant, qui doit pouvoir être compris, partagé et ajusté. Un système qui fonctionne même quand quelqu’un est fatigué, absent ou moins disponible.


Souvent, ce sont des ajustements très concrets qui font la différence : simplifier, clarifier, alléger ce qui complique inutilement le quotidien. Parfois ce ne sont pas des transformations spectaculaires, pourtant elles font toute la différence.


Et si la maison soutenait vraiment la famille ?


Dans une famille, la maison peut devenir un lieu de tensions répétées.  Ou être un repère sécurisant dans la vie active. La différence ne tient pas à la perfection des magazines de déco ! Elle tient à l’adéquation entre l’organisation et la réalité de la famille, dans leur présent.


Chez Beaux Jours Maison, nous accompagnons les familles pour remettre à plat le fonctionnement de leur maison, en tenant compte de l’âge des enfants, des rythmes de chacun et de ce qui est réellement possible au quotidien.


Le bilan d’accompagnement  permet souvent ce premier pas : prendre du recul, comprendre ce qui pèse, et alléger ce qui peut l’être.


Puis l'aide au rangement à domicile, adaptée à la vie de famille, peut être un vrai levier pour retrouver un quotidien plus simple, plus lisible et moins fatigant pour tous. 


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